La solution au CH

spiky/ avril 17, 2018/ Coups de gueule

Le Canadien a terminé (de manière prévisible) sa saison: dans la cave. En fait… c’est tu fini? Me semble qu’on est rendus à ce temps-là de l’année? Je dois dire que j’ai vu moins de 10 minutes cumulées de hockey cette année. Quand j’ai compris que le problème de l’équipe était un problème de culture organisationnelle (donc un problème de boss, pas un problème de joueurs), j’ai jeté l’éponge. Le signal d’alarme a été le départ de Subban, mais il n’a servi qu’à aider à ouvrir les yeux. Le problème existait avant. Il n’est pas en voie de se régler.

Pour être clair: le problème n’est même pas au niveau Bergevin. Je m’attends à ce qu’on apprenne son départ prochainement; ça ne changera rien. Le problème est plus haut.

Pour être clair: le problème n’est même pas au niveau Bergevin. Je m’attends à ce qu’on apprenne son départ prochainement; ça ne changera rien. Le problème est plus haut.

Donc.

Cher Geoff Molson,

Vends-nous l’équipe. Garde le Centre Truc, Evenko, pis les condos. Ça on s’en crisse. Mais vends l’équipe à la communauté. Packers-de-Green-Bay-style. Une méga-coop. Une part, un vote. Pas de gros actionnaire. Juste quelques centaines de miliers de fans (et ex-fans réchappables comme moi).

Cette équipe-là, jusqu’à récemment, possédait un noyau d’experts et d’enthousiastes dans les millions de personnes. Des gens qui n’ont rien à foutre des profits ou des mauvais gestionnaires d’égos (a.k.a. « coachs »). Du monde qui ont juste une priorité: que leur équipe gagne, ou qu’elle pleure d’avoir presque gagné.  Et qui ont tendance à savoir, collectivement, quoi faire.

L’exemple de Green Bay est incroyable. Depuis 1923, longtemps avant l’arrivée de la NFL, l’équipe des Packers est une coop, et appartient aujourd’hui à ses 365 000 membres. Green Bay est une ville de 104 000 habitants, son stade de football de 80 000 places est rempli à capacité depuis toujours et pour toujours. C’est pas une métaphore: il y a 80 000 autres personnes dans la liste d’attente pour avoir des billets de saison, dont l’attente est estimée à 100 ans. Relisez les chiffres lentement, c’est juste fou raide.

C’est pas une métaphore: il y a 80 000 autres personnes dans la liste d’attente pour avoir des billets de saison, dont l’attente est estimée à 100 ans.

J’ai personnellement voyagé à Green Bay pour des raisons professionnelles et si vous pensez que « Montréal est hockey », c’est juste rien a côté de « Green Bay est football ». Le lendemain d’une élimination en séries des Canadiens, une année où les attentes étaient légitimement hautes, vous allez croiser quelques personnes visiblement déçues de la défaite. Là-bas, le lendemain d’une défaite en saison régulière, les gens sont tous déprimés, le taux d’absentéisme est dans le tapis et il n’y a pas d’autre sujet de conversation.

À se demander pourquoi le modèle n’est pas plus populaire. Ah ouais, le capitalisme, pis toute pis toute. Là où la priorité, c’est le pouvoir et les profits, pas la réussite du projet.

Le modèle « coop » pourrait… devrait remplacer le modèle de compagnies par actions classique. Partout là où le résultat et l’ancrage dans la communauté sont plus importants que les profits.

Mais en attendant l’avènement d’un monde de licornes et de calinours avec des marmites d’or au bout des arc-en-ciels, commençons par ce qui est faisable et urgent.

Monsieur Molson, vendez-nous notre Club de Hockey Canadien.

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