Ne botchez pas le pays du Québec

spiky/ octobre 11, 2017/ Coups de gueule

Chers souverainistes jusqu’au-boutistes,

Je crois que nous ne sommes pas des alliés, malheureusement.

J’espère un pays du Québec, mais pas à tout prix et sans raison.

La motivation derrière la fondation d’un pays est quand même fondamentale, sans jeu de mot. Si votre motivation c’est un repli identitaire anti-immigration, nous ne sommes pas dans la même équipe. Si votre motivation, c’est la haine du Rest of Canada, on n’est pas dans la même équipe. Pis si vous trouvez que c’est une fin en soi, peu importe les paramètres et les raisons, non seulement on n’est pas dans la même équipe, mais vous me faites peur.

Le moment de la fondation d’un pays, c’est critique. Le Canada a été « fondé » il y a 150 ans et on ne s’en est pas encore remis. Alors si on est pour faire du Québec un pays, on est aussi bien de le faire comme il faut. On ne peut pas botcher la fondation du Québec en se disant qu’on améliorera ça plus tard, qu’on « verra rendu là ».

Le moment de la fondation d’un pays, c’est critique. Le Canada a été « fondé » il y a 150 ans et on ne s’en est pas encore remis.

Ceux qui portent le projet et les paramètres qu’ils proposent sont super importants.

Le parti Québécois

En partant, désolé, mais le Parti Québécois n’est plus le bon véhicule. Je voudrais d’un Québec indépendant, mais si le projet est porté par le parti de l’identité floue, de l’immigration-mais-pas-trop, de toutes les contradictions et de leur contraire en même temps, c’est non. Je préfère être patient. Ça fait depuis 1840 que notre « autodétermination » est diluée dans celle des Loyalistes, et on a survécu. On peut très bien attendre dix ans de plus.

J’entendais Paul St-Pierre Plamondon à la radio récemment, à « En attendant la soirée ». Titre relatif à « La soirée est encore jeune », et non à La Soirée référendaire (on pourrait attendre longtemps). PSPP, qui semble être de bonne foi, vit quand même malheureusement avec des oeillères. Il s’enthousiasme de l’ouverture des Y au projet d’indépendance et souligne la présence de jeunes à ses rassemblements et au membership du PQ.

Quand tu vis dans cette bulle, tu perds de vue que la grosse majorité de cette génération est quelque part entre l’indifférence et le rejet de ton parti.

Admettant que l’intérêt du PQ soit dans l’éventuelle indépendance et la social-démocratie. Ils le prétendent, je n’y crois plus, mais prenons-les au mot. Quel est le chemin le plus court pour atteindre ces objectifs? Un « osti de bon gouvernement »?

Pour le bout social-démocratie, anciennement un concept de centre-gauche, aujourd’hui un terme fourre-tout qui peut inclure des coupes à l’aide sociale, en CHSLD et dans les CPE, je décroche. Le problème avec le « centre », c’est que ce n’est pas une idéologie, c’est la moyenne de deux idées contraires. Y a aucune chance que ça fasse du sens. Si le but c’est de faire un mini-Canada, juste en plus petit, j’en ai rien à foutre, c’est déjà ça qu’on a. Alors je l’ai déja dit, je vais le dire encore : cher PQ, farme la shop.

Si le but c’est de faire un mini-Canada, juste en plus petit, j’en ai rien à foutre, c’est déjà ça qu’on a.

Option nationale

Drapeau du Quebec

Devant le débat à l’interne de Québec solidaire et Option nationale, en vue de leur fusion, des objections fusent chez les absolutistes d’ON.

COME ON.

C’est mieux de perdre solide que de ne pas garder sa pureté idéologique, hein. ON a des intentions de vote dans la marge d’erreur, et je ne suis pas le seul qui trouve qu’un plan de pays avec-pas-de-plan, c’est n’importe quoi. Mais neu-non, vous voulez bloquer la fusion avec QS, parce que même s’ils veulent l’indépendance, ce n’est pas leur article 1 (de 1).

C’est mieux de perdre solide que de ne pas garder sa pureté idéologique, hein. ON a des intentions de vote dans la marge d’erreur, et je ne suis pas le seul qui trouve qu’un plan de pays avec-pas-de-plan, c’est n’importe quoi.

Vous savez quoi, les comiques? Pendant que vous vous ostinez sur la place publique, les libéraux vont encore gagner leurs prochaines élections. C’est quand, donc, la dernière fois qu’ils se sont entre-déchiré leurs chemises dans les médias? C’est ça. J’suis pas content de ça, vous non plus, fine, on peut tu faire de quoi de constructif maintenant?

Ce pays-là, pour qu’il arrive, il faut plus qu’un référendum, une élection référendaire ou une assemblée constituante. Il faut qu’une majorité ait le goût. Vous allez donner le goût au monde comment, en leur expliquant que vous avez fuck all idée de ça va être quoi le projet? Wow, you got me at hello, j’vais en prendre une caisse.

Dans « projet de pays », il y a « projet »

Encore une fois, le moment constitutif du pays, c’est critique. Ça peut laisser des marques pour des centaines d’années. Parlez-en aux américains, qui ont collectivement disjoncté par rapport aux armes à feu à cause d’une bible laïque écrite en 1776.

Enthousiasmez-moi un peu avec le projet. Dites-moi que c’est pour avoir un contrôle sur nos ressources, notre travail, notre collectivité. Que c’est pour se faire une société distincte, pas un mini-Ontario avec des frontières. Sans prendre les décisions à l’avance, faites-moi un dessin des possibles. Montrez-moi ce qui n’est pas possible, sans ça.

Parce que là, la discussion est à dix mille pieds dans les airs, et pendant que vous vous enfargez dans les détails entre vous, y a personne d’autre qui va être convaincu, pis les Libéraux vont continuer à envoyer notre province dans les vidanges.

Crédit photo: 0x010COwn work, CC BY-SA 4.0, Lien

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